
Sur le chemin de Compostelle – Aubrac (France)
Année 2026
© Frédéric Desfrenne
Né à Tourcoing en 1966, Frédéric Desfrenne passe son enfance chti dans une atmosphère marquée tôt par la maladie : son père traverse une dépression qui pèse sur toute la maisonnée. Les camps scouts et les colonies de vacances rythment ses années de jeunesse – c’est là qu’il découvre la joie d’arpenter les sentiers. Sa scolarité, elle, est chaotique : deux redoublements, une trajectoire sans grand fil conducteur. Orphelin de père à 14 ans, il obtient ensuite un BAC G2 (comptabilité), une voie choisie par défaut plutôt que par goût. S’ensuivent plusieurs années de tâtonnements. Puis, comme on se range, il revient à la comptabilité, qu’il continue pourtant de détester.
En 2001, Frédéric Desfrenne n’a pas de déclic à proprement parler, plutôt un choix de vie posé, sobre : s’installer dans les Alpes-de-Haute-Provence. Sur ces terres méridionales, il croise des cabanes où il trouve régulièrement refuge, comme on revient à un même point d’appui. Deux ans plus tard, la vie le conduit à Grenoble, où il amorce une reconversion dans l’insertion professionnelle. Il accompagne le parcours de gens que la vie n’a pas épargnés, et il trace avec eux d’autres perspectives, d’autres chemins.
En 2020, à l’occasion d’un déconfinement partiel, Frédéric Desfrenne raconte sur les réseaux une aventure encabanée. Le geste, presque anodin, donne naissance au projet « Une cabane par jour », qui rassemble aujourd’hui plus de 50 000 passionnés autour de ces refuges modestes. De cette matière naît un premier livre, Micro-aventure, Cabanes non gardées (Vagnon, 2023), à l’écriture aussi accessible qu’habitée, bientôt suivi d’autres ouvrages consacrés à l’itinérance, aux refuges, à la marche. En 2025, fasciné par l’histoire de la lutte du Larzac, il en parcourt les chemins à la rencontre de celles et ceux qui en portent la mémoire.
À travers ses livres, Frédéric Desfrenne donne à voir les paysages comme des espaces vivants, traversés par les hommes, la mémoire et le temps, et invite chacun à renouer avec une expérience sensible de la marche, où le pas devient aussi une manière de lire le monde.
