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In memoriam : Jérôme Kotry
In memoriam
Jérôme Kotry n’est plus. Ce passionné de l’Asie du Sud-Est, de retour d’Indonésie, a succombé à une infection foudroyante le 19 mai dernier.
De Jérôme, avec qui nous avons publié le livre Birmanie, Visions d’un amoureux de la Terre d’or en 2006, dans la collection d’albums photographiques « Visions », nous garderons le souvenir d’un homme bienveillant, doux et affable. Né en 1964 d’un père égyptien et d’une mère française, il a passé son enfance en Savoie avant de poursuivre des études de commerce à Grenoble. Son départ, en 1992, pour un périple de dix-neuf mois autour du monde a été déterminant dans sa passion pour l’Asie du Sud-Est. Ayant visité les Andes puis la Nouvelle-Zélande et l’Australie, il a séjourné quatorze mois en Asie : Laos, nord de l’Inde et Himalaya indien, Asie centrale puis Chine et Tibet, Népal, Sikkim, Inde du nord au sud, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Yunnan et Kham, Mongolie et, enfin, retour par le Transsibérien.
Dès lors, finie sa carrière de responsable export, Jérôme Kotry s’est lancé dans l’accompagnement puis l’organisation de voyages. Associé dans une agence réceptive de Yangon, il a vécu en Birmanie de 1996 à 1997, où il a eu l’occasion de découvrir plus en profondeur ce pays et ses peuples sous tous leurs aspects. De retour en France, il s’est rapproché de l’agence Tamera, à Lyon, dont il a été chef de produit « Asie », organisateur et créateur de séjours en Asie du Sud-Est : un orfèvre du voyage d’aventure. Il a aussi été la cheville ouvrière des grandes caravanes asiatiques que Tamera propose chaque année.
Jérome portait avec grâce le longyi birman, prenait part tous les quatre ans en Inde à l’une des kumbh mela, assistait ébahi aux cérémonies guerrières des Naga, déambulait en sandales sur les levées de terre des rizières vietnamiennes et se risquait même à goûter les larves de sagoutier que lui tendaient les Khorowaïs ou tressait des fleurs avec les Mentawai. C’est d’ailleurs en se rendant à pied à travers la jungle chez les Sakkudei, sur la côte ouest de Siberut, qu’il aurait attrapé le streptocoque qui lui a été fatal.
De toutes les photos que nous avons visionnées de ses séjours en Birmanie, nous avons gardé en mémoire et vous livrons celle du transbordement d’un bateau sur les rives de l’Irrawaddy, au petit jour, dans la poussière des portefaix, des camions et des carrioles.
Questions préparées par Émeric Fisset
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