Collection « Visions »

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Couverture

Spitzberg, Visions d’un baladin des glaces
Emmanuel Hussenet




Emmanuel Hussenet a exploré le Spitzberg en kayak, non pour réaliser une première ou un record, mais pour nouer avec chaque lieu une complicité profonde. Baladin par sa façon libre d’observer et de relater, il réussit à lier l’engagement physique, la recherche esthétique et la réflexion.
Voici l’épopée du soleil de minuit. L’auteur navigue parmi les glaces. Il rencontre les morses et les phoques, suit les oiseaux, accède à des côtes oubliées et redoute chaque jour l’inéluctable face-à-face avec le seigneur des lieux : l’ours blanc. Sans négliger la description géographique du Spitzberg, cet ouvrage est une confession prenante, servie par des images dont la beauté, page après page, dévoile la magie des hautes latitudes.

Avec une préface par : Émeric Fisset

« Emmanuel Hussenet nous séduit par son approche du Grand Nord. Le Grand Nord, que ce soit l’Alaska, la terre de Baffin, le Groenland ou l’archipel du Svalbard avec son île principale du Spitzberg, n’est pas pour lui un terrain de rencontres ou d’exploits physiques autour desquels il organiserait ses séjours. Non. Son Grand Nord est un espace de réflexion et de contemplation, le lieu privilégié d’un retour sur lui-même qui, par l’équilibre retrouvé, rendra possibles de nouveaux échanges. S’affranchissant de l’effort mais sous la contrainte des éléments, l’auteur se dévoile et recherche là-haut les clefs qui ouvriraient ici les portes d’un avenir différent.
Le Spitzberg reste hanté par les ambitions humaines qui, au fil des siècles, ont connu là-bas leur exaltation ou leur ordalie. Y voyager, c’est partager le souverain désir d’inconnu qui poussa Barents jusqu’aux limites du possible, mais sans prendre le risque d’abandonner sa vie aux confins des ténèbres. Pour tous ceux qui suivirent la route du découvreur, chasseurs de baleines, trappeurs, explorateurs, le froid et la solitude étaient le passage obligé, la voie initiatique par laquelle l’Arctique, dans son mystère, apporte toujours la lueur permettant d’oublier l’intransigeance de la pierre. Ainsi, l’histoire pénètre chaque lieu d’une présence réputée improbable, se raconte à qui prend le temps d’écouter le silence et d’en soustraire la maïeutique qui préside à tout destin.
En dépit du caractère désert que présente le haut Arctique, le voyageur n’est pas seul : il est de connivence avec tous ceux qui, là-haut, ont éprouvé la solitude dans leur chair et jusqu’au tréfonds de leur être. Solitude du Hollandais Barents qui, après avoir découvert l’archipel, succomba à son hivernage forcé en Nouvelle-Zemble. Solitude de l’Autrichien Weyprecht à bord du Tegetthoff, pris dans les glaces à ces latitudes. Solitude du Suédois Andrée qui, en ballon, crut pouvoir atteindre le pôle Nord et périt aux blanches rives de Kvitøya. Solitude d’Amundsen enfin : à bord du dirigeable Norge en 1926, il réussit là où Andrée avait échoué mais mourut deux ans plus tard dans les secours portés à l’Italien Nobile. Cette dernière fut sans doute la plus terrible au regard de l’histoire car aucune trace, piste ni vestige ne sont venus éclaircir les conditions dans lesquelles mourut l’illustre explorateur. Secrète solitude enfin de l’Américain Byrd, qui avait menti en prétendant avoir survolé le Pôle. Pour peu que l’on cultive de tels souvenirs, et c’est le cas de notre baladin, l’on n’est jamais seul avec cette solitude.
Emmanuel Hussenet écoute par ailleurs le chant qui monte des entrailles des inlandsis. Il est attentif aux galets de marbre comme aux saxifrages. Il observe l’envol d’une sterne et la couvaison des bernaches, croise les morses ou sympathise avec le renard. Tous sens en éveil, il quête, dans la nature, des certitudes et ce qui, dans sa noblesse et sa puissance, pourrait servir notre humanité, l’ennoblir. Presque chaque été, le voyageur migre pour “se nimber de lumière”, de cette lumière polaire qu’il restitue en maître dans ses photographies. Face à la grandeur des paysages et à la beauté des infimes détails qui les composent, il reçoit le gage de l’harmonie universelle. Nostalgique, Emmanuel Hussenet est le héraut de la grandeur et de la pureté. Il est le chantre de la majesté des glaciers comme de la candeur de la matière, là où, ne cachant rien de son âme, elle s’offre sans pudeur au soleil qui la bouleverse et libère l’eau cristalline et douce qu’elle recélait. »


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