Collection « Le génie des lieux »

  • Voyage en Mongolie et au pays des Tangoutes (1870-1873)
  • Passage du Mékong au Tonkin (1887-1888)
  • Œuvres autobiographiques
  • Périple de Beauchesne à la Terre de Feu (1698-1701)
Couverture

Voyage en Mongolie et au pays des Tangoutes (1870-1873), Une expédition russe aux confins de l’Empire céleste
Nikolaï Prjevalski


Au retour d’un premier voyage en Sibérie dans la région de l’Amour et de l’Oussouri, Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski (1839-1888), officier natif de Smolensk, émet l’idée d’une mission scientifique à travers la Mongolie et le Tibet, alors sous domination mandchoue. Soutenu par la Société russe de géographie, il se met en marche à la fin de l’année 1870. Depuis le lac Baïkal, il rallie Ourga, siège du Bouddha vivant des lamaïstes mongols, avant de rejoindre Pékin par la route du thé et d’entreprendre plusieurs expéditions à pied, à cheval et à dos de chameau : la première est conduite, malgré les tempêtes printanières, à la lisière orientale des vastes steppes mongoles ; les deux autres le mènent en amont du fleuve Jaune et jusque sur le plateau tibétain. Dans un effort ultime, il trace sa route de retour en 1873 à travers le Gobi, le plus grand désert d’Asie.
Déjouant les ruses mandchoues et la menace d’insurgés musulmans, le voyageur cartographie la région et constitue des collections naturalistes ; il décrit aussi, dans un récit savoureux, les mœurs et les institutions des éleveurs nomades dont il traverse les campements de yourtes. Patriote, il fait passer son devoir avant tout, endurant sans plainte les pénuries et les aléas climatiques.
La recherche scientifique sert aussi les ambitions territoriales de la Russie impériale. La seconde moitié du XIXe siècle voit le réveil de l’intérêt du tsar pour l’Asie et l’apogée du Grand Jeu, la rivalité russo-britannique pour la possession du Turkestan. L’Empire céleste vacille, rongé par les dissensions internes et les attaques des puissances coloniales, qui lui arrachent le droit de commercer en ses frontières. De simple marche désertique de la Sibérie traversée par les caravanes de négociants de fourrures et de thé, la Mongolie devient le centre géographique de l’Asie et le seuil de la Chine. Acteur de la course des Russes vers le soleil levant, Nikolaï Prjevalski incarne à leurs yeux, et incarnera encore à l’époque soviétique, l’explorateur par excellence.

Introduction par : Jacqueline Ripart
Établissement du texte par : Jacqueline Ripart
Rédaction des notes par : Marc Alaux

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