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Du Vanuatu au Kamtchatka, l’arc de Feu du Pacifique
par
le jeudi 19 février 2009 à 20 heures 30


Du fait de la subduction de la plaque Pacifique et des plaques Nazca et Cocos qui la prolongent à l’est ainsi que de la plaque des Philippines qui la prolonge à l’ouest, tout le pourtour de l’océan Pacifique, depuis la pointe sud du Chili jusqu’à l’archipel néo-zélandais, est bordé de chaînes volcaniques. Cette « ceinture de feu », qui égrène sur 40 000 km 452 volcans, soit les trois quarts de ceux de la planète, est aussi la plus active : neuf dixièmes des séismes et trois quarts des tsunamis en proviennent.
La Ceinture est formée de l’alignement volcanique andin (et de ses fameux sommets comme l’Aconcagua en Argentine et le Chimborazo en Équateur), de la cordillère Néovolcanique d’Amérique centrale, de la chaîne des Cascades aux États-Unis (célèbre par l’éruption cataclysmique du mont Saint Helens en 1980) et au Canada, des volcans de la péninsule d’Alaska et des Aléoutiennes (qui se souvient du tremblement de terre de magnitude 9,2 qui, le 27 mars 1964, ravagea la région d’Anchorage ?), du Kamtchatka et des Kouriles, ainsi que de l’archipel japonais, enfin de toutes les îles volcaniques de la bordure occidentale du Pacifique, des Philippines à la Nouvelle-Zélande, en passant par la Nouvelle-Guinée, le Vanuatu et les îles Tonga et Kermadec.
L’île d’Ambrym, au Vanuatu, est fascinante sur le plan géologique, notamment par le système volcanique de sa caldeira, dont les cratères actifs recèlent dans leurs profondeurs des lacs de lave en fusion permanente. Les coutumes des populations de la région sont tout aussi intéressantes. En effet, l’esprit des volcans Marum, Benbow et Aoba tient une place majeure dans leur vie. Le lac de lave du Marum, dont la température s’élève à plus de 1 200 °C, offre une vision inoubliable pour les voyageurs, mais aussi pour les Ni-Vanuatu (habitants du Vanuatu), qui gravissent très rarement les volcans. Selon ces derniers, chaque nouveau-né est investi, à sa naissance, par l’esprit descendu du volcan, qui ne le quitte qu’à sa mort pour retourner dans le cratère.
Sur la péninsule du Kamchatka, dans l’Extrême-Orient russe, le décor est tout autre : les pentes ravinés de raspadki des volcans, dont les émissions représentent 15 % des émissions d’origine volcanique dans l’atmosphère, se dressent au-dessus du stlannik, un maquis de pins à crochets, et des marécages zébrés d’innombrables cours d’eau. La chaîne orientale, qui court du sud au nord de la péninsule, compte plus de trente volcans en activité : le Klioutchevskoï est, avec 4 750 m, le plus haut volcan actif de l’Eurasie ; le Bezymianny, dont la partie sommitale a été décapitée en 1956 par une explosion pyroclastique, a connu l’une des éruptions les plus spectaculaires de l’hémisphère Nord.


Franck Tessier aime évoquer la ceinture de feu du Pacifique en s’appuyant sur deux films qu’il a réalisés, avec le soutien du National Geographic, sur l’archipel du Vanuatu et la péninsule du Kamchatka. Du sud au nord du Pacifique, de la jungle tropicale à la toundra hantée par les ours bruns, des populations coutumières mélanésiennes aux nomades évènes et koriaks qui perpétuent le mode de vie des renniculteurs sibériens, autant de contrastes qui rendent ces territoires distants l’un de l’autre au-delà des milliers de kilomètres qui les séparent. Cependant un trait d’union tellurique lie ces contrées, celui d’être régulièrement le théâtre d’éruptions volcaniques et de secousses sismiques d’intensité élevée.
Au Vanuatu, Franck Tessier a tourné son film Archipel de lave dans la caldeira d’Ambrym après une descente vertigineuse de quelques centaines de mètres. Plusieurs expéditions lui ont été nécessaires pour étudier l’itinéraire de descente, cartographier le site, prélever des échantillons de roches et de gaz, mais aussi écouter les habitants des environs lui conter leurs croyances.
Pour tourner son film Kamtchatka des ours et des volcans, il a séjourné dans le Moutnovski, volcan actif couvert de glace, côtoyé les nombreux plantigrades du lac Kourilskoïe et visité la caldeira d’Ouzon, une zone hydrothermale ponctuée de solfatares, de marmites de boue brûlante, de cavités d’eau chaude ou d’évents ceints de bactéries et d’algues thermophiles, dont on prétend qu’elles constitueraient les premières manifestations de la vie sur notre planète.





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