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Ascensions andines
par
le jeudi 21 décembre 2006 à 20 heures 30
En partenariat avec Ushuaïa Magazine



Pourquoi les Andes ? Au poids d’une culture précolombienne riche et passionnante s’ajoutent la chaleur et la proximité qu’offrent la plupart des peuples d’Amérique latine au visiteur, en dépit du poids de l’histoire et de l’impact destructeur du colonialisme. Les paysages montagneux les plus contrastés s’unissent aux profonds glaciers patagoniens, aux vastes déserts côtiers du Chili, aux lagunes colorées de Bolivie, aux massifs colombiens limitrophes de l’Amazonie. Les Andes apparaissent comme une finalité pour tout alpiniste en quête de solitude, d’espace ou de merveilles façonnées par une nature puissante et généreuse. La plus grande cordillère du monde rend accessible un grand nombre de sommets aux montagnards et randonneurs en mal d’exil ou d’aventure, qui déplorent la surfréquentation des sommets alpins.
L’intérêt pour les Andes, c’est également d’imaginer des milliers de kilomètres de montagnes où est parlée la même langue, l’espagnol. Quelle chance pour le voyageur de pouvoir se faire comprendre facilement de peuples culturellement et géographiquement éloignés ! Cette région du monde exceptionnelle par sa diversité et sa beauté peut se parcourir sur toute sa longueur depuis Mérida au Venezuela, jusqu’aux confins de la Patagonie chilienne en passant par la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie et l’Argentine.


Né en 1974, Alexis Gurdikyan s’est découvert une passion pour l’alpinisme en 1996, à l’occasion d’une randonnée à travers le massif de l’Annapurna, au Népal. Pressé de rejoindre par un raccourci un village d’altitude avant la nuit, il dut suivre un sherpa sur un raidillon exposé. Alors qu’à l’époque c’est à peine s’il pouvait envisager l’ascension à vélo des cols routiers de France, son compagnon lui fit escalader en trois heures plus de 1 500 mètres de dénivelé. Alexis Gurdikyan découvrit ainsi une activité physique exigeante et proche de la nature : l’alpinisme.
C’est pour donner libre cours à sa nouvelle passion qu’Alexis Gurdikyan a entrepris du 18 août 2002 au 10 février 2004 un tour du monde qui lui a permis de gravir quelque quarante sommets sur les cinq continents. De l’Afrique du Nord et de l’Ouest à l’Amérique latine, via les îles du Cap-Vert, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie à l’Iran, via l’archipel indonésien, la Chine, le Tibet et le Pakistan et, bien sûr, de l’Arménie au Sinaï, via le Proche-Orient. Il a ainsi gravi en solitaire des montagnes aussi diverses que celles du Haut-Atlas, la caldeira du mont Cano au Cap-Vert, l’Aconcagua du côté argentin, les Alpes du Sud néo-zélandaises, d’innombrables volcans du Timor-Oriental à Sumatra, le Shaluli-Shan au Tibet, les voisins du K2, l’Aragatz arménien et le mont Sinaï. C’est ce parcours qu’il relate dans 40 montagnes pour un tour du monde en solitaire (Bartillat, 2006).
Pourquoi vouloir gravir les cimes ? Pourquoi risquer sa vie sur des rochers plus hauts que les autres ? Par quels fantasmes est sous-tendu le désir d’ascension ? Par quelles angoisses est traversé celui qui exerce cette pratique dangereuse ? À ces questions d’ordre existentiel et psychologique, Alexis Gurdikyan tâche d’apporter son éclairage. Il fait l’ascension de sommets que l’on peut gravir seul, en couple ou à plusieurs amis, sans nécessiter de guides locaux ou d’agences de tourisme. L’état d’esprit qui est le sien et qu’il souhaite transmettre est celui de l’autonomie, de la débrouillardise et de la liberté d’ascension. Comme il l’écrit lui-même : « L’aventure à haute altitude revêt un caractère quasi mystique. Elle s’inscrit dans une recherche de pureté et de gourmandise à la fois où il m’a semblé ne vivre et ne jouir que pour et par le minéral glacé. »
Alexis Gurdikyan n’entreprend pas l’ascension d’une montagne avec une âme de conquérant mais plutôt de communiant. Chaque cime est une personne, chaque sommet est une rencontre. Esthétisme et noble solitude, voilà ce qu’offre la montagne à qui sait danser avec elle. Les Andes offrent un très grand espace pour vivre pleinement et se sentir libre. Plus on s’élève, plus le monde semble beau, plus on est tranquille, plus l’air est pur. Depuis ses débuts au Népal, ce psychologue a gravi près de cent vingt montagnes et traversé une soixantaine de pays pour les atteindre. Et c’est en Colombie et dans la cordillère des Andes qu’il est reparti en 2006 pour gravir de nouveaux sommets et fonder de nouvelles amitiés.






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Livre de l’intervenante en rapport avec cette conférence :
Quarante montagnes pour un tour du monde en solitaire


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