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Chili, itinéraire d’un photographe
par
le jeudi 19 octobre 2006 à 20 heures 30
En partenariat avec les Éditions Cacimbo



Autrefois, le peuple aymara baptisa du nom de Chile, « jadis » dans sa langue, le littoral souvent exigu entre la cordillère des Andes et l’océan Pacifique. Ce nom désignait alors « le pays où la terre se perd dans la mer ». Étiré sur près de 4 300 kilomètres le long de la façade occidentale du continent sud-américain, entre les douzième et cinquante-cinquième parallèles, et d’une superficie de 756 000 km2, le Chili n’atteint jamais 400 kilomètres de large entre la côte et sa frontière orientale, bolivienne dans sa partie nord, argentine dans sa partie sud. La terre chilienne est minérale : l’eau, le vent, la lave, la glace et le sel ont sculpté le relief de ce pays, depuis le début de la surrection des Andes, il y a vingt-cinq millions d’années. Les éruptions volcaniques et les séismes fréquents témoignent d’une tectonique toujours active.
Du nord au sud, le Chili déroule une étonnante variété de paysages et de climats. Le nord du pays, où s’étend le désert de l’Atacama, est extrêmement aride. Au-delà d’une bande littorale désertique et derrière une première cordillère s’étend l’Altiplano, au pied des volcans andins dont les sommets enneigés viennent se refléter dans de paisibles lagunes. Malgré l’altitude qui avoisine les 4 000 mètres, les paysages deviennent verdoyants. Sur les bofedales (prairies d’altitude) viennent paître lamas, alpagas et vigognes. Plus au sud se découvrent de vastes dépressions salifères, autrefois remplies d’eau. Dans les rares villages, les églises témoignent de la colonisation passée… Seuls quelques salars, riches en borax exploité par l’homme, et lagunes alimentées par les eaux venues des volcans enneigés de la Cordillère, ont permis à la faune et à la flore d’y survivre. Le désert prend fin à La Serena. Commence alors la succession de vallées fertiles où s’est établie la majeure partie de la population chilienne, et qui concentre, autour de Santiago, la capitale, l’essentiel de l’activité économique. Au centre du pays, le climat est quasi méditerranéen, au pied pourtant des plus hauts sommets andins.
Plus au sud se développe la région des Lacs. Cette zone, prisée par les Chiliens en raison de son climat tempéré et de ses paysages verdoyants, pourrait évoquer certaines régions d’Europe, si la dizaine de volcans aux sommets enneigés qui se reflètent dans les eaux azurées des vastes lacs ne continuaient à émettre d’inquiétantes fumerolles. C’est au sud de Puerto Montt que la Cordillère s’enfonce peu à peu dans l’océan, essaimant ainsi une multitude de fjords et d’îles, dont la plus grande est celle de Chiloé. Né de l’enfouissement des pics de la cordillère des Andes sous le Pacifique, l’archipel de Chiloé demeure l’un des endroits les plus envoûtants du Chili. L’île principale a vu s’installer, au cours de l’histoire, de nombreux villages de pêcheurs, notamment sur sa côte orientale, moins exposée au passage des dépressions venues de l’océan. Noyée dans la brume, couverte d’un ciel bas et gris la majeure partie de l’année, cette île s’illumine au premier rayon de soleil… Vieilles églises en bois, bateaux de pêche, maisons sur pilotis, collines et bocages dévoilent alors leurs éclatantes couleurs.
Après un long détour par la mer… ou l’Argentine, afin de contourner les gigantesques étendues glaciaires du Campo Hielo, la Patagonie se dévoile enfin. Sur cette terre sauvage et hostile, soumise toute l’année aux assauts répétés des dépressions et tempêtes de l’océan et du passage de Drake, se déploient pourtant des paysages de toute beauté. Les glaciers, les pics acérés, les lacs bleu turquoise ou les immenses forêts du parc national de Torres del Paine attirent, chaque année, des milliers de randonneurs en quête d’aventure et d’espace.


Olivier Michaud court le monde depuis vingt ans. C’est en 1995 qu’il effectue son premier voyage au Chili, après l’ascension de l’Aconcagua, le point culminant de l’Amérique du Sud avec 6 960 m, à la frontière argentine. Débute une longue complicité entre ce photographe, par ailleurs géologue de formation, et cette terre minérale, au peuple rude mais ô combien accueillant, qui le retiendra à huit reprises. L’année suivante, Olivier Michaud parcourt la Patagonie et arpente, sac au dos, les sentiers du parc Torres del Paine. Trois années passent ensuite avant qu’il ne revienne au Chili. En 2000, il découvre le désert de l’Atacama et l’Altiplano andin, remontant jusqu’à la région de Lauca, en passant par le salar de Surire, où il reviendra l’année suivante à l’occasion d’un reportage en Bolivie. En 2002, il met le cap au sud et traverse la région des Lacs, avant de séjourner sur l’île de Chiloé.
C’est là, au retour d’une moisson d’images prises au petit matin sur le port de Castro, que germe l’idée d’un livre sur le Chili, dans la même collection que son livre sur la Namibie paru l’année précédente aux Éditions Cacimbo qu’il a fondées à Pau. Il prend conscience que la diversité infinie du climat, de la lumière et des paysages chiliens donne matière à un ouvrage haut en couleurs. Il s’amuse aussi, lui l’ingénieur géophysicien, de sa fascination pour le Namib et l’Atacama, qu’il a découverts dans le cadre de son métier lié à l’exploration pétrolière, éloignés de près de 10 000 kilomètres, mais dont les caractéristiques géographiques de déserts côtiers situés en façade occidentale d’un continent longé par un courant marin froid (Benguela pour le premier, Humboldt pour le second) présentent de remarquables similitudes.
Retourné plusieurs semaines année après année dans cet immense pays, Olivier Michaud achève son reportage en mars 2004 à l’île de Pâques. C’est Michel Zalio, son guide d’ascension de l’Aconcagua, qui signe les textes de l’album Chili… infinies latitudes que les Éditions Cacimbo publient alors. Le livre est nominé dans la catégorie « Beaux-Livres » à Paris lors de la Nuit du livre 2005.





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Livre de l’intervenante en rapport avec cette conférence :
Chili… infinies latitudes


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