Collection « Petite philosophie du voyage »

  • Voyage immobile (Le)
  • Ivresse de la marche (L’)
  • Bonheurs de l’aquarelle (Les)
  • Attrait des gouffres (L’)
  • Soif d’images (La)
  • Mémoire de la Terre (La)
  • Euphorie des cimes (L’)
  • Enchantement de la rivière (L’)
  • Force du silence (La)
  • Grâce de l’escalade (La)
  • Prodige de l’amitié (Le)
  • Défis de la course (Les)
  • Instinct de la glisse (L’)
  • Tao du vélo (Le)
  • Temps du voyage (Le)
  • Vertu des steppes (La)
  • Vie en cabane (La)
  • Chant des voiles (Le)
  • Parfum des îles (Le)
  • Vertiges de la forêt (Les)
  • Promesse de l’envol (La)
  • Secret des pierres (Le)
  • Appel de la route (L’)
  • Mystères du vin (Les)
  • Esprit du geste (L’)
  • Simplicité du kayak (La)
  • Murmure des dunes (Le)
  • Écriture de l’ailleurs (L’)
  • Religion du jazz (La)
  • Audaces du tango (Les)
  • Écho des bistrots (L’)
  • Goût de la politesse (Le)
  • Charme des musées (Le)
  • Quête du naturaliste (La)
  • Triomphe du saltimbanque (Le)
  • Sortilèges de l’opéra (Les)
  • Âme de la chanson (L’)
  • Sérénité de l’éveil (La)
  • Arcanes du métro (Les)
  • Liberté du centaure (La)
  • Joie du voyage en famille (La)
  • Rythme de l’âne (Le)
  • Magie des grimoires (La)
  • Caresse de l’onde (La)
  • Poésie du rail (La)
  • Cantique de l’ours (Le)
Couverture

L’Attrait des gouffres, Petite incursion dans les abîmes et les méandres de la spéléologie
Marc Bellanger




Que va chercher l’homme qui, s’immisçant par les anfractuosités de la surface, aborde le monde souterrain ? Muni d’un casque et d’un baudrier, à la seule lueur de sa frontale à LED – jadis une torche ou une lanterne puis une lampe à carbure –, il descend toujours plus profondément, se jouant des gouffres et des galeries, des boyaux, des résurgences et des siphons. Dans l’obscurité humide, progressant sans relâche, il cartographie, inventorie et recherche le passage qui le rapprochera des entrailles de la Terre. Certes, les cavernes ont abrité nos ancêtres préhistoriques et protégé leurs œuvres pariétales, mais les gouffres, eux, n’ont eu de cesse d’effrayer ou d’attirer nos semblables. Ce mélange ambigu de fascination et de répulsion s’incarne dans les prédictions de la pythie de Delphes : son trépied n’était-il pas posé au-dessus de la cavité d’où émanait le pneuma d’Apollon ? Mené par la sibylle de Cumes aux Enfers, Énée découvre le Tartare des damnés, mais retrouve aussi son père Anchise aux Champs-Élysées. Inspiré par la plume de Virgile, et en compagnie de ce dernier, Dante dénombre les cercles de damnation. Et dans son Voyage au centre de la Terre, Jules Verne montre bien le sentiment ambivalent de ses trois héros irrésistiblement attirés et effrayés par ce qu’ils découvrent entre leur entrée via le volcan islandais Sneffels et leur expulsion du Stromboli.

Initiée à l’époque des Lumières aux confins slovènes de l’Empire austro-hongrois, la pratique spéléologique devient scientifique avec les comptes-rendus d’Édouard-Alfred Martel au mitan du XIXe siècle. Augmentée d’une dimension sportive et technique – parfois même pratiquée secrètement par les cataphiles en zone urbaine –, et développée à l’extrême dans les Pyrénées, avec notamment l’exploration séculaire de l’immense réseau de la Pierre-Saint-Martin, la spéléologie permet d’accéder à un monde de la nuit où les facettes de la personnalité se dévoilent au bénéfice d’une égalité et d’une solidarité invisibles dans « le monde du dessus ». Elle est ainsi devenue mondiale, des gouffres de la Papouasie-Nouvelle-Guinée aux mines du Mexique, partout où s’étend le monde des ténèbres, des hommes – amateurs le plus souvent – connaissent le frisson du souffle des profondeurs.


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