Collection « Petite philosophie du voyage »

  • Voyage immobile (Le)
  • Ivresse de la marche (L’)
  • Bonheurs de l’aquarelle (Les)
  • Attrait des gouffres (L’)
  • Soif d’images (La)
  • Mémoire de la Terre (La)
  • Euphorie des cimes (L’)
  • Enchantement de la rivière (L’)
  • Force du silence (La)
  • Grâce de l’escalade (La)
  • Prodige de l’amitié (Le)
  • Défis de la course (Les)
  • Instinct de la glisse (L’)
  • Tao du vélo (Le)
  • Temps du voyage (Le)
  • Vertu des steppes (La)
  • Vie en cabane (La)
  • Chant des voiles (Le)
  • Parfum des îles (Le)
  • Vertiges de la forêt (Les)
  • Promesse de l’envol (La)
  • Secret des pierres (Le)
  • Appel de la route (L’)
  • Mystères du vin (Les)
  • Esprit du geste (L’)
  • Simplicité du kayak (La)
  • Murmure des dunes (Le)
  • Écriture de l’ailleurs (L’)
  • Religion du jazz (La)
  • Audaces du tango (Les)
  • Écho des bistrots (L’)
  • Goût de la politesse (Le)
  • Charme des musées (Le)
  • Quête du naturaliste (La)
  • Triomphe du saltimbanque (Le)
  • Sortilèges de l’opéra (Les)
  • Âme de la chanson (L’)
  • Sérénité de l’éveil (La)
  • Arcanes du métro (Les)
  • Liberté du centaure (La)
  • Joie du voyage en famille (La)
  • Rythme de l’âne (Le)
  • Magie des grimoires (La)
  • Caresse de l’onde (La)
  • Poésie du rail (La)
  • Cantique de l’ours (Le)
Couverture

La Liberté du centaure, Petit traité sur le voyage à cheval
Laurence Bougault




Voyager à cheval revient à établir une complicité spirituelle et physique avec un grand corps de quelque 600 kilos, masse de muscles et de nerfs bouillonnante et mystérieuse. C’est aussi connaître une inscription à nulle autre pareille de son propre corps dans le paysage : la terre elle-même qui se fait mouvance, par le truchement de l’animal. Après les jeux équestres, les galops en forêt qui font scintiller la lumière dans les feuilles, après l’air empli de la senteur des crinières, choisir la marche lente, la longue proximité avec le creux de la selle et le dos de l’animal, opter ainsi pour le pas et l’horizon plutôt que pour la carrière du manège. Adjoindre, à l’art de faire cœur avec le dos pensant du cheval, la joie de percevoir le monde alentour à la mesure de cette danse haut perchée. Être pourtant plus terre à terre qu’aucun, en raison de la responsabilité paternelle qui lie le cavalier à ses bêtes – monture et cheval de bât. Être chaque matin et chaque soir ce paysan inquiet de la qualité du fourrage, de la quantité de grain. Prendre de l’orge pour de l’or et couper l’herbe à la faucille. Refaire les gestes ancestraux du soigneur : panser, harnacher, soigner et veiller sur. C’est un rêve dont la matérialité sublime et grandit. C’est sans doute dans cette déambulation quotidienne pleine d’odeurs fortes, de sueurs et parfois de sang et de violence que le voyageur à cheval devient inévitablement chevalier errant et rejoint la confrérie des gauchos patagons, des éclaireurs sioux, des aigliers kazakhs et des pillards maures.


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